Quelque part durant l’été 2022, pendant un voyage de pêche avec la famille de ma copine, j’ai réalisé pour la première fois l’incroyable invention que constitue les véhicules 4X4. À partir de ce moment là, ça m’en PRENAIT un. Absolument nécessaire.
En cherchant sur Facebook Marketplace et Kijiji (C’était avant que Marketplace devienne un quasi-monopole), j’ai tout de suite réalisé que de juste acheter un 4X4 comme tous les autres, ça collait pas avec qui j’étais. Dans vie, j’suis quelqu’un qui cherche constamment à se distinguer. Ça passe évidemment par le véhicule que je conduis chaque jour, parce que pour moi, l’automobile et la mécanique c’est central.
Toutes les annonces étaient pareilles – des Jeep Wrangler, d’autres modèles Jeeps récents, des VUS d’autres marques, des pickup. Ça, pis des bronco. Mais quand j’ai vu la première annonce pour un ZJ, j’ai tout de suite été accroché. Y’avait quelque chose de spécial: une aura, un petit quelque chose de plus. Immédiatement, j’ai su que c’est un ZJ qu’il me fallait. Après quelques semaines de recherches, je suis tombé sur un Grand Cherokee 5.9 1998. Le 5.9, c’est le V8 de 360 pouces cubes — Le moteur qui rugit quand tu pèse sur la pédale. C’est le moteur qui vaut la peine de courir après dans un ZJ.
L’annonce faisait des éloges à la fois au modèle, mais aussi à cet exemplaire là; c’était un 5.9 Limited 1998, donc il avait toutes les options: air climatisé automatique, miroirs à teinte automatique, cruise control, différentiel LSD à l’arrière… Et tout fonctionnait. Il avait 265 000 km, mais cette distance avait été parcourue par un seul et même propriétaire, qui s’en était visiblement assez bien occupé (un dossier assez complet de factures d’entretien m’a été fourni avec le camion, et tout pointait vers ça). Le Jeep avait appartenu à un certain Roger qui, durant essentiellement toute la vie du camion, avait fait la maintenance nécessaire. Il avait été importé par le vendeur et immatriculé au Québec, donc facile pour l’immatriculation pour moi, mais Roger vivait à Calgary, et le camion avait passé pas mal toute sa vie en Alberta.

Sous le capot
En dessous du hood, tout était clean: compresseur d’air climatisé récemment changé, courroie accessoire propre, poulies semblaient neuves ou récentes également. On voyait qu’un certain niveau de temps et d’énergie avait été mis dans le camion.

L’intérieur
Le cuir était légèrement usé mais complet. Trims en faux bois, tableau de bord, console centrale, etc. L’intérieur Limited 5.9 était là, rien de brisé.

Le dessous
C’est là que ça s’est décidé. J’étais allé voir un autre ZJ qui avait le frame entièrement mangé par la rouille. Lui, le Jeep à Roger, était propre à 100% au niveau du frame. Absolument clean.
Vue d’ensemble du dessous :

Essieu arrière et différentiel — rouillés mais fonctionnels :

Plancher et longerons — rouille de surface partout, certaines zones pires que d’autres :

La rouille de carrosserie
C’est là que ça devenait honnête. Les bas de caisse, les bas de portes et les coins arrière racontaient la vraie histoire.
Bas de caisse — rouille traversant les joints, des trous par endroits :

Ça, c’était le signe que j’aurais du voir. L’aile avant avait rouillé, mais pour cacher ça, on avait mis de la putty et on l’avait fusionné au bas de caisse.

Joint châssis sous la porte — métal percé par endroits :

Rouille au canal de vitre — visible sur le cadre de porte :

Arrière du véhicule — le hayon ouvre bien, la carrosserie paraît correcte de loin :

La décision
J’ai appelé quelques carrossiers avant de me lancer. J’ai envoyé les photos, pris soin de bien me renseigner au niveau de ce qui serait à faire. Je me disais: 30 000$ pour un Wrangler qui a 5-10 ans, ou encore 9 500$ + le prix d’une restauration de carrosserie pour obtenir un ZJ légendaire, sain, que je vais pouvoir garder longtemps et qui aura fière allure? Le choix est simple. Le châssis était sain, les 5.9 se trouvent pas souvent, la rouille de carrosserie ça se répare.
Un ami m’a dit: «T’as toute ta vie pour conduire des chars neufs.»
J’ai acheté Jack.